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Historique

  1. Le premier mandat du COBARIC : proposer une approche de gestion intégrée des cours d'eau du Québec
     
  2. Le deuxième mandat du COBARIC : former le premier organisme de bassin versant au Québec
     
  3. Vers une Politique nationale de l'eau
     
  4. Le COBARIC aujourd'hui : dynamiser et consolider la concertation autour du bassin versant de la rivière Chaudière
     

1. Le premier mandat du COBARIC : proposer une approche de gestion intégrée des cours d'eau du Québec

Depuis 1970, les différents paliers de gouvernement, les experts et les usagers de l'eau se sont penchés sur la gestion de l'eau au Québec. En fait, le mode de gestion de l'eau qui a longtemps été pratiqué au Québec était la gestion en vase clos, où l'état de chaque lac et de chaque rivière était étudié de façon individuelle. Or, le constat qui s'est rapidement imposé est que les différentes problématiques liées à l'eau ne s'arrêtent pas au lac ou à la rivière. Elles suivent le courant des eaux et les sources d'eau en amont ont un impact sur la qualité et la quantité de l'eau en aval.

C'est en avril 1992 qu'a été initiée la démarche actuelle qui vise à doter le Québec d'une véritable gestion intégrée de ses cours d'eau. Le mandat d'orienter cette démarche fut confié à l'Association québécoise des techniques de l'eau (AQTE) qui regroupait des experts des gouvernements provinciaux et fédéraux, de l'Union des municipalités régionales de comté et des municipalités locales du Québec (UMRCQ), de l'Union des producteurs agricoles du Québec (UPA), d'associations minières, forestières et industrielles ainsi que d'experts étrangers. En juin 1993, le choix du bassin versant, où le projet pilote de gestion intégrée de l'eau par bassin versant allait être expérimenté, a été arrêté. Il s'agissait du bassin versant de la rivière Chaudière.

En 1994, le Comité de bassin de la rivière Chaudière (COBARIC) a été créé. Il avait pour mandat de proposer au ministre de l'Environnement et de la Faune du Québec, une approche originale et novatrice de gestion intégrée de l'eau, adaptée au contexte québécois. Le COBARIC devait établir le type d'organisation (agence, régie, table de concertation, etc.) qui pourrait être créé, les pouvoirs dont elle devait disposer, le mode de fonctionnement et le financement de celle-ci.

En mars 1996, le COBARIC déposait son rapport final dans lequel il recommandait au Ministre de :

  1. Prendre les moyens appropriés pour que le gouvernement dote le Québec d'un nouveau mode de gestion intégrée des eaux, par bassin versant, en s'appuyant sur les huit principes directeurs élaborés par le COBARIC;
     
  2. Permettre la création par une loi de la première agence de l'eau, sur le bassin de la rivière Chaudière, dont le mandat sera de valider d'ici trois ans la démarche proposée;
     
  3. Mandater cette agence pour qu'elle réalise un schéma directeur de l'eau en concertation avec les gestionnaires et les usagers du bassin versant;
     
  4. S'assurer que l'Agence de l'eau consulte formellement la population avant l'adoption du schéma directeur de l'eau;
     
  5. S'assurer que l'Agence propose une stratégie de financement qui verra à rendre redevables les utilisateurs de l'eau quant à son utilisation ou à sa détérioration;
     
  6. S'assurer que les ministères concernés soutiennent techniquement et financièrement les travaux de l'Agence de l'eau de la rivière Chaudière pour en assurer le succès;
     
  7. Développer une interface gouvernementale interministérielle cohérente qui permettra à l'Agence d'agir efficacement.
     

2. Le deuxième mandat du COBARIC : former le premier organisme de bassin versant au Québec

En septembre 1997, suite à l'acceptation par le gouvernement du Québec de 5 de ces 7 recommandations, le Comité de bassin de la rivière Chaudière II (COBARIC II) voit le jour. Contrairement à ce qui avait été proposé par le Comité, le type d'organisme n'était pas une agence de l'eau encadrée par une loi. Cette façon de faire était inspirée du modèle français. C'était un organisme sans but lucratif incorporé en vertu de la Loi sur les compagnies du Québec. Le COBARIC II a signé, par la suite, une entente spécifique avec le gouvernement du Québec, le Conseil régional de concertation et de développement (CRCD) de Chaudière-Appalaches et le CRCD de l'Estrie. En vertu de cette entente spécifique, le COBARIC II s'est engagé à :

  • Réaliser un schéma directeur de l'eau (SDE);
  • Soumettre une proposition de financement (cadre législatif, financier et opérationnel);
  • Conseiller le gouvernement sur des mécanismes de conciliation et d'harmonisation du SDE avec les pouvoirs municipaux et les schémas d'aménagement;
  • Consulter la population du territoire à l'égard du SDE et de la proposition de financement;
  • Remettre au ministère de l'Environnement du Québec (MENV) un rapport d'activités et un rapport financier vérifié par un comptable.

En 2000, le COBARIC II présente le rapport final de l'expérience pilote en quatre volumes :

  • Volume 1 : La gestion intégrée de l'eau par bassin versant : une solution d'avenir pour le Québec;
     
  • Volume 2 : Le schéma directeur de l'eau du bassin versant de la rivière Chaudière;
     
  • Volume 3 : Le rapport de consultation;
     
  • Volume 4 : Le rapport administratif.
     

3. Vers une Politique nationale de l'eau

À la suite de l'expérience pilote du COBARIC et des audiences publiques sur la gestion de l'eau au Québec, le gouvernement du Québec a lancé, en novembre 2002, la Politique nationale de l'eau (PNE). La gestion intégrée de l'eau par bassin versant constitue l'un des piliers de cette politique.

Cette politique étend la gestion intégrée de l'eau par bassin versant à 33 bassins versant désignés prioritaires et vise ultimement la gestion intégrée de l'eau, à l'échelle du fleuve Saint-Laurent. La PNE vise à reconnaître l'eau comme patrimoine collectif des Québécois, à assurer la protection de la santé publique et des écosystèmes aquatiques et à gérer l'eau de façon intégrée dans une perspective de développement durable (PNE, 2002). Pour ce faire, la Politique annonce les orientations suivantes :

  • Réformer la gouvernance de l'eau afin d'y intégrer la gestion par bassin versant;
  • Implanter la gestion intégrée du Saint-Laurent;
  • Protéger la qualité de l'eau et des écosystèmes aquatiques;
  • Poursuivre l'assainissement de l'eau et améliorer la gestion des services de l'eau;
  • Favoriser les activités récréotouristiques relatives à l'eau.

D'ailleurs, dans la PNE, le gouvernement du Québec s'engage à mettre en place la gestion intégrée de l'eau par bassin versant au Québec, de même qu'à soutenir financièrement et techniquement les 33 organismes de bassin versant ouvrant pour autant de rivières jugées prioritaires. Le COBARIC fait partie de ces 33 organismes.

Cette politique est gouvernementale. Elle s'appuie sur l'implication de plusieurs ministères et organismes québécois qui ont pour tâche d'appliquer, de façon coordonnée, les engagements du gouvernement du Québec. Le ministère du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs (MDDEP) a pour rôle de coordonner la Table interministérielle sur la Politique nationale de l'eau. Les autres organismes du gouvernement du Québec qui siègent à cette table sont les suivants :

  • Ministère des Affaires municipales et des Régions
     
  • Ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation
     
  • Ministère du Conseil exécutif
     
    • Secrétariat aux affaires intergouvernementales canadiennes
       
    • Secrétariat aux affaires autochtones
       
  • Ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport
     
  • Ministère du Développement économique, de l'Innovation et de l'Exportation
     
  • Ministère du Tourisme
     
  • Ministère des Relations internationales
     
  • Ministère des Ressources naturelles et de la Faune
     
  • Ministère de la Sécurité publique
     
  • Ministère de la Santé et des Services sociaux
     
  • Ministère des Transports
     
  • Société immobilière du Québec

4. Le COBARIC aujourd'hui : dynamiser et consolider la concertation autour du bassin versant de la rivière Chaudière

Aujourd'hui, le COBARIC veut plus que jamais stimuler la compréhension, le dialogue et la mise en place d'actions concrètes pour gérer, de façon durable, la ressource eau de son bassin versant. Le COBARIC entend poursuivre la concertation entre les usagers du bassin versant, qu'ils proviennent du secteur communautaire, économique, municipal ou gouvernemental, tout en les incitant à participer à la mise à jour et la mise en oeuvre du Plan directeur de l'eau.

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