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Bassin versant
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Cette section a également pour objectif de définir :
QU'EST-CE QU'UN BASSIN VERSANT ?

Source: Microsoft Office Clipart
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Le bassin versant est le territoire désigné pour appliquer la gestion intégrée de l'eau au Québec, dans d'autres provinces canadiennes et dans plusieurs pays.
Le bassin versant est une unité territoriale naturelle et indépendante des découpages administratifs actuels. Pour permettre d'illustrer ce qu'est un bassin versant, pensez à des gouttes d'eau qui coulent sur les parois d'une baignoire. Elles coulent toutes du point le plus haut (l'amont) vers le point le plus bas (l'aval) du bain. Ces gouttes se rejoignent au fond du bain (lit du cours d'eau) et forment un courant (cours d'eau principal) qui coule tranquillement vers le renvoi d'eau (l'exutoire du bassin ou l'embouchure du cours d'eau principal).
Maintenant, imaginez que votre goutte d'eau tombe sur la paroi extérieure du bain : elle tombera sur le plancher. C'est cet endroit précis, celui qui fera tomber l'eau sur le plancher, qui constitue les limites du bassin versant. On appelle cette séparation : la ligne de partage des eaux. Dans la réalité, ces limites sont les crêtes de montagnes et les dénivellations majeures du terrain.

Figure 1 : Illustration d'un bassin versant
Source : ROBVQ, tiré de La gestion intégrée de l'eau par bassin versant : se concerter pour mieux agir, 2005 |
Le bassin versant est drainé par un cours d'eau principal et ses tributaires. Il peut être de dimensions variées, mais le principe d'écoulement des eaux sur le territoire demeure le même. L'écoulement se fait comme dans un entonnoir : le territoire est plus large en amont et il se rétrécit au fur et à mesure qu'on s'approche de l'exutoire du bassin versant, les eaux se concentrant vers ce point de sortie.
L'être humain, la faune, la flore, les écosystèmes, etc. font partie du bassin versant.
Quant à l'interaction entre l'eau et les écosystèmes, il est possible de faire deux constats : chaque pression que l'on fait subir à l'eau a un impact sur les écosystèmes, la faune, la flore, les sols, l'homme, etc. L'inverse est aussi vrai : un changement dans la composition de l'écosystème a un impact sur la ressource eau.
L'autre constat est le suivant : puisque l'eau circule de l'amont vers l'aval du bassin versant, les activités qui se produisent en amont, ont des répercussions sur la qualité ou la quantité de l'eau en aval. Un peu à l'image d'un flocon de neige qui roule jusqu'à devenir une boule de neige, l'eau absorbe, dans sa descente, l'ensemble des polluants issus de l'activité humaine (les rejets agricoles, urbains, industriels, etc.), de même que ceux issus des causes naturelles (érosion naturelle des roches, déjections fauniques, décomposition de la flore, etc.). Ces polluants se concentrent ainsi dans le cours d'eau principal. Les activités ayant un impact sur la quantité d'eau (par exemple, un barrage hydroélectrique ou un ouvrage de retenue, les stations de pompage, etc.) ont également des répercussions sur le niveau d'eau et les débits en amont de ceux-ci.
Qu'est-ce que la gestion intégrée ?
Imaginez une sphère de 2 000 livres qui doit être poussée par quatre individus afin de franchir 100 mètres. Il y a un ergonome, un ingénieur, un menuisier et un architecte. Ces individus doivent agir individuellement sans communiquer avec les autres. Ce qui risque fort d'arriver est que les individus soient incapables de bouger la sphère, car ils poussent cette dernière dans des directions différentes. La force exercée par un individu pour pousser la sphère risque d'être annulée par une personne qui exerce la même force dans le sens contraire. Ils risquent également de se blesser, car ils n'ont pas la bonne méthode pour pousser.
C'est ce qui est déploré lorsqu'il y a une gestion en vase clos, ou non intégrée. Dans ce cas, les nombreux intervenants qui ouvrent dans un même domaine travaillent sans concertation et sans communiquer leurs expériences propres. Ainsi, il est possible que les actions entreprises par un intervenant soient contraire à celles d'un autre intervenant, ou encore que certaines méthodes qui se sont avérées non efficaces soient à nouveau implantées parce que les intervenants ne communiquent pas entre eux leurs échecs et leurs réussites.
Imaginez maintenant que ces quatre personnes communiquent leur savoir, dans le but de faire bouger la sphère. Ce qui risque d'arriver est la chose suivante : l'ingénieur pense à un principe de levier afin de faire bouger la sphère, l'architecte pense à sa confection, le menuisier le fabrique et l'ergonome élabore les méthodes pour l'utiliser afin que les opérateurs ne se blessent pas. Résultat, la sphère va bouger dans la bonne direction, car les gens se seront concertés et auront communiqué leur expertise propre à chacun.

Figure 2 : Illustration de la gestion en vase clos (à gauche) et la gestion intégrée (à droite)
Réalisation : Sébastien Béchard, 2007
Dans la réalité, la gestion intégrée est composée des principes qui permettent à des acteurs de définir des actions planifiées et concertées en lien avec des problématiques ou enjeux qui se posent. Ces actions sont prises de façon consensuelle et en fonction de l'intérêt général, malgré des intérêts individuels qui peuvent être divergeant. Dès lors, il y a une prise en compte des intérêts, des besoins, des ressources et des contraintes de l'ensemble des usagers qui ont un impact sur la ressource ou le bien à gérer (Source : ROBVQ, 2005).

Source :
jeuxdemaux.com
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Qu'est-ce que la concertation?
Imaginez des spaghettis secs qui auraient été répandus sur le sol. Ces spaghettis vont dans des directions différentes et il est impossible qu'ils pointent tous dans la même direction. À ce moment, il est possible de dire qu'il n'y a aucune direction commune
Maintenant, imaginez que l'on positionne les spaghettis afin qu'ils se concentrent en un même point. Ils auront alors une direction commune. Le point central, où tous les spaghettis se rencontrent, peut représenter une table de concertation.
La gestion intégrée de l'eau par bassin versant
La gestion intégrée de l'eau par bassin versant réunit ces deux concepts : le bassin versant et la gestion intégrée. Ce mode de gestion vise à réunir tous les usagers de la ressource eau à l'échelle du territoire naturel qu'est le bassin versant afin que tous les acteurs puissent prendre connaissance des actions de chacun sur la ressource. Ainsi, il est possible de tenir compte des impacts cumulatifs des diverses pressions effectuées sur la ressource à l'échelle de son territoire naturel d'écoulement. Ce mode de gestion permet également de mettre en place des actions concertées pour la préservation de la ressource.
Afin de permettre d'illustrer ce qu'est la gestion intégrée de l'eau par bassin versant, imaginez une rivière qui traverse plusieurs municipalités. La municipalité " X ", située en amont de la rivière, a une usine de traitement des eaux usées. De façon récurrente, l'usine a des problèmes de désinfection et l'eau usée est rejetée à la rivière. L'eau coule jusqu'à la municipalité " Y ", située en aval. Cette dernière a une prise d'eau potable qui prend l'eau directement de la rivière. Elle doit composer avec la variation dans la qualité de l'eau pompée qui l'oblige à ajuster ses doses pour le traitement afin de la rendre potable.
Qu'elles peuvent être les solutions envisageables pour enrayer cette problématique? Il faut, tout d'abord, qu'il y ait des échanges entre la municipalité " X " et la municipalité " Y " afin de prendre connaissance de la problématique. Ensuite, d'autres acteurs peuvent s'ajouter : les autres municipalités du territoire touchées par une problématique semblable, les aménagistes des municipalités et des MRC touchées, les experts-conseils, les représentants gouvernementaux liés aux ministères concernés, etc.
En communiquant ensemble, ces gens partageront leur expertise, leurs expériences antérieures et évalueront les solutions envisageables. Par exemple, améliorer l'efficacité du système de désinfection de l'usine de traitement des eaux usées, aviser la municipalité en aval lors de rejets contaminés à l'eau de la rivière, trouver d'autres sources d'eau potable pour la municipalité aval, etc. Plusieurs solutions sont envisageables, mais l'essentiel est que les acteurs communiquent ensemble et prennent des décisions concertées qui prennent en compte les impacts pour chacune des municipalités et les diverses pressions que ces solutions auront sur la ressource, de l'amont à l'aval.
La gestion intégrée de l'eau par bassin versant vise un partage équitable de la ressource eau entre les différents usages, la conciliation des intérêts divergents et des différends possibles entre les usagers de l'eau. L'objectif est de préserver la ressource eau et les écosystèmes associés dans une perspective de développement durable.
Le bassin versant, comme unité de gestion de l'eau, est adopté par de nombreux pays. Le Québec est membre du Réseau International des Organismes de Bassin (RIOB) qui regroupe une quarantaine de pays. Le Québec, par son adhésion, s'engage à promouvoir la gestion de l'eau par bassin versant.
L'organisme de bassin versant
L'organisme de bassin versant (OBV) a pour mission d'animer et de promouvoir la gestion intégrée de l'eau à l'échelle du territoire naturel qu'est le bassin versant.
L'organisme de bassin versant sert de lieu de rencontre pour tous les usagers de l'eau du bassin versant. Le but visé est de leur permettre de s'exprimer quant à l'utilisation et l'avenir de la ressource eau. En se réunissant, au sein de la table de concertation que constitue l'organisme de bassin versant, chacun des usagers échange avec les autres. Chaque usager devient alors conscient des contraintes, des besoins et des utilisations de l'eau de chaque usager. Cette compréhension mutuelle facilite la concertation. Les usagers définissent, ensemble, des enjeux communs du territoire, de même que des objectifs à atteindre et des actions à réaliser.
Ces usagers peuvent être du secteur municipal, économique, socio-communautaire et gouvernemental.
Au nombre des enjeux privilégiés par cette table de concertation, on peut nommer :
- Assurer un approvisionnement en eau potable de qualité optimale et en quantité suffisante pour répondre aux besoins des usagers;
- Assurer la conservation et la restauration des écosystèmes aquatiques et riverains;
- Assurer la sécurité de la population et réduire les dommages causés par les inondations;
- Mettre en valeur le potentiel récréotouristique lié à l'eau (SDE, COBARIC, 2000).
Le Comité de bassin de la rivière Chaudière est membre du Regroupement des organisations de bassin versant du Québec (ROBVQ). La mission de cet organisme est de faire la promotion, à l'échelle nationale, de la gestion intégrée de l'eau par bassin versant, ainsi que de représenter et de regrouper les organismes de bassin versant du Québec.
L'instrument de planification privilégié afin de permettre une gestion intégrée de l'eau sur le territoire du bassin versant est le Plan directeur de l'eau (PDE). Afin d'illustrer le " cycle de vie " du PDE, une modélisation a été conçue. Cette illustration, bien que théorique, reprend les différentes étapes que doit respecter l'organisme de bassin versant afin de mener à bien la rédaction et la mise en ouvre du PDE.
Il est possible de diviser le cycle de gestion intégrée de l'eau par bassin versant en six composantes :
- L'analyse du bassin versant vise à acquérir des connaissances sur le territoire à l'étude. Cette analyse est divisée en deux parties. En premier lieu, le portrait est un ensemble de caractéristiques descriptives du territoire (population, réseau hydrographique, densité animale, etc.) En deuxième lieu, le diagnostic, est une étude approfondie des problématiques liées à l'eau (l'utilisation de l'eau, la nature des problématiques, leurs emplacements, leurs impacts, leur ampleur dans le bassin versant, etc.)
- La détermination des enjeux se fait par les usagers de l'eau. Il s'agit de décrire les préoccupations majeures et les défis fondamentaux qui doivent être pris en compte par l'organisme de bassin versant. Les orientations viennent, quant à elles, répondre aux enjeux préalablement établis et constituent les grandes priorités d'action.
- La détermination des objectifs et le choix des indicateurs. Ces objectifs doivent idéalement être chiffrés, et ce, afin d'avoir des cibles réalistes pour répondre aux enjeux propres du bassin versant. Quant au choix des indicateurs, il s'agit de mesures qui permettent de suivre les progrès accomplis ou l'efficacité des actions qui ont été réalisées.
- L'élaboration d'un plan d'action. Cette étape est consacrée aux projets qui seront exécutés durant le cycle de gestion. Après avoir rassemblé toutes les solutions envisageables, une sélection est faite en fonction de plusieurs critères : coût, faisabilité, efficacité, délai, éthique, etc. Le plan proposé peut inclure des informations sur les solutions envisagées, les méthodes de suivi, les responsabilités des partenaires, le budget, l'échéancier, le financement, etc.
- La mise en ouvre du plan d'action doit se faire par les différents usagers du bassin versant en fonction de leurs intérêts, leurs expertises, leurs responsabilités, etc. Cette mise en ouvre est, règle générale, accomplie à la suite de la signature d'une entente entre l'organisme de bassin versant et les usagers. Ces ententes portent le nom d'ententes de bassin. La mise en ouvre du plan d'action fait généralement suite à l'approbation du PDE par la Table interministérielle sur la Politique Nationale de l'eau.
- Le suivi et l'évaluation du plan d'action sont des façons de valider si les moyens d'action étaient appropriés et si les objectifs ont été atteints. Le suivi peut être administratif ou environnemental et permet de voir l'état des actions prises. L'évaluation est, quant à elle, un retour sur le plan d'action établi au début du cycle de gestion. Le suivi et l'évaluation des résultats permettent de jeter les bases pour élaborer d'un nouveau cycle de gestion intégrée de l'eau par bassin versant.
LES AVANTAGES DE LA GESTION INTÉGRÉE DE L'EAU PAR BASSIN VERSANT
La gestion intégrée de l'eau par bassin versant s'inscrit directement dans la mouvance du développement durable. Elle comporte de nombreux avantages et permet entre autres de :
- Avoir une vision globale du territoire afin d'agir localement sur un problème sans causer d'impacts négatifs ailleurs dans le bassin;
- Concilier les usages, parfois conflictuels, entre la préservation des écosystèmes, les activités de développement économique, social et urbain;
- Rassembler les usagers et les acteurs de la ressource eau qui ouvrent dans un même bassin versant afin qu'ils se concertent sur les usages à privilégier et les actions à entreprendre;
- Coordonner plus efficacement les actions entreprises par les divers intervenants et favoriser une utilisation judicieuse des fonds publics et privés;
- Connaître l'utilisation du territoire et les pressions exercées sur l'eau et les écosystèmes aquatiques;
- Orienter l'utilisation des ressources en eau, tant en terme de quantité que de qualité, dans l'objectif de ne pas hypothéquer la ressource pour les générations futures;
- Mettre en valeur l'eau sur les plans social, environnemental et économique;
- Effectuer des démarches de sensibilisation, de mobilisation et de participation citoyenne qui tiennent compte de la réalité locale;
- Développer un sentiment d'appartenance à son bassin versant.
Source : ROBVQ, La gestion intégrée de l'eau par bassin versant, se concerter pour mieux agir!, 2005.
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